A future that works Cobotique, compétences numériques et réhumanisation du monde du travail

Une étude longitudinale examine les effets de l’introduction de cobots dans la culture du travail, les exigences envers l’activité professionnelle et l’expérience de travail subjective du personnel. Sur la base des résultats et des tests utilisateur, une solution robotisée sera développée dans le but de favoriser des interactions valorisantes tout en satisfaisant aux exigences industrielles de productivité, de qualité et de flexibilité.

Fiche signalétique

  • Département responsable Technique et informatique
  • Autres départements Gestion
  • Institut Institute for Human Centered Engineering (HUCE)
    Institut New Work INW
  • Unité de recherche HUCE / HuCE – roboticsLab
  • Durée (prévue) 01.05.2020 - 30.04.2024
  • Responsable du projet Sarah Degallier Rochat
  • Direction du projet Sarah Degallier Rochat
  • Équipe du projet Charly Blanc (TI)
    Nada Endrissat (W)
  • Partenaire IDIAP, Martigny
    BFH-W. Bern

Point de départ

Les nouvelles technologies telles que la robotique collaborative et l’intelligence artificielle remodèlent le monde du travail. Alors que les économistes discutent souvent des effets de ces technologies sur le volume de travail – soit l’impact de l’automatisation des processus et de l’utilisation de robots sur la suppression ou la création de places de travail –, ce projet soutenu par le FNS se penche sur des questions de qualité. L’accent est mis sur les robots collaboratifs, ou cobots, pour faire court. Les cobots répondent à des exigences de sécurité spécifiques et peuvent par conséquent être utilisés en collaboration directe avec les humains. Ils sont particulièrement adaptés aux processus difficiles à automatiser complètement et qui sont encore effectués manuellement: production en petites séries, produits avec cycle de vie court, processus à faible valeur ajoutée ou requérant une grande dextérité ou flexibilité. Le processus peut être partiellement automatisé: les tâches répétitives, standard et faciles à automatiser sont prises en charge par un robot, tandis que les tâches plus difficiles ou spécifiques sont toujours réalisées manuellement. Il en découle une distribution des tâches entre l’employé-e et le robot, conduisant à une nouvelle forme d’interaction humain-machine qui peut avoir un impact sur le sens que l’employé donne à son travail ainsi que sa qualité. 

Bien que des progrès aient été réalisés pour faciliter la programmation des robots, celle-ci requiert souvent des connaissances spécialisées, la plupart des interactions étant prédéfinies. L’opérateur doit suivre le protocole de l’appareil, ce qui rend l’interaction peu valorisante. Grâce aux nouveaux progrès réalisés dans l’apprentissage automatique tel que l’apprentissage par la démonstration, l’utilisateur peut adapter son interaction avec le robot à ses besoins. Toutefois, il manque encore des interfaces utilisateur intuitives pour ces algorithmes. Le projet a pour ambition de combler ce vide en développant des interfaces pour une collaboration humain-robot adaptative destinées à l’industrie. L’approche sera centrée sur l’employé-e et des opérateurs issus de différents secteurs de l’industrie participeront à la conception du système robotique.

Selon des études scientifiques, l’évaluation et l’acceptation des robots sont influencées par des aspects sociaux et culturels et varient en fonction de la situation. Le projet en tient compte en observant tout d’abord les pratiques situationnelles, puis en les reflétant et en les approfondissant dans le cadre d’entretiens avec les employé-e-s. Cela permet de déterminer les pratiques socioculturelles et situationnelles, de même que les expériences faites dans le cadre du travail.

Objectif

Aux fins d’une étude longitudinale, les effets de l’introduction de cobots sur la culture du travail, les exigences envers l’activité professionnelle et l’expérience subjective du travail des employé-e-s seront examinés. Le projet se penche sur les implications éthiques liées à l’utilisation de cobots et la notion de «bon travail» à l’ère de la numérisation.

Sur la base des résultats et d’une conception participative, un système robotisé sera développé dans le but de favoriser des interactions humain-robot valorisantes pour l’opérateur. L’utilisateur devra être en mesure de communiquer facilement ses besoins au robot, de comprendre le comportement de celui-ci afin de le contrôler et d’adapter facilement son comportement aux exigences de la tâche. 

Procédure

Sur la base de trois cas pratiques concrets, une solution robotisée générale et flexible sera développée afin de favoriser les interactions humain-robot tout en satisfaisant aux exigences de productivité industrielle et de qualité. Le système sera développé avec les opérateurs au cours de deux cycles d’implémentation. Il sera testé en continu par les utilisateurs et adapté à leurs besoins afin de garantir des interactions efficaces et valorisantes.

De plus, le projet examinera l’impact des cobots sur la culture du travail, les exigences envers l’activité professionnelle et l’expérience professionnelle subjective. Nous partons d’un point de vue humain-machine qui n’est pas déterministe mais relationnel. Le projet a pour but d’identifier les conditions, les attitudes et les compétences qui engendrent l’automation et qui permet aux employé-e-s d’apprécier leur travail et d’avoir une plus grande estime de soi.