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«L’innovation surgit à la croisée de la théorie et de la pratique»

11.02.2026 Yacine Michaelis travaille comme expert en entrepreneuriat à la BFH-TI. Fort de son expérience comme ancien président de l’association «Startup Weekend Schweiz» et expert de l’émission télévisée «Die Höhle der Löwen Schweiz», cet homme de 37 ans dispose d’un large réseau. Ce qui le motive dans son activité? L’énergie des personnes mues par la volonté de changer le monde avec leurs idées.

«Encourager la curiosité, l’initiative personnelle et la pensée critique» : Yacine Michaelis accompagne les étudiant-e-s dans leur parcours vers l’entrepreneuriat. (Photo: Guy Perrenoud) Agrandir l'image
«Encourager la curiosité, l’initiative personnelle et la pensée critique» : Yacine Michaelis accompagne les étudiant-e-s dans leur parcours vers l’entrepreneuriat. (Photo: Guy Perrenoud)

Monsieur Michaelis, vous êtes expert en entrepreneuriat à la BFH-TI. Que faites-vous exactement dans cette fonction?

J’accompagne les étudiant-e-s, les collaborateurs et collaboratrices et les personnes actives dans la recherche dans leur démarche entrepreneuriale, qu’il s’agisse de créer une startup ou de faire progresser une innovation. Le réseautage représente un facteur clé de mon travail. D’une part, j’apporte mon réseau et, d’autre part, je montre quelles sont les offres de soutien existantes en Suisse. Je me considère comme un sparring-partner, j’affine les idées de projets dans le cadre de modules et de coachings et j’apporte mon soutien en ce qui concerne les modèles d’affaires et les opportunités de marché.

Quelles sont les aptitudes que vous souhaitez transmettre?

Je souhaite encourager la curiosité, l’initiative personnelle et l’esprit critique. Les futur-e-s entrepreneurs et entrepreneuses doivent être en mesure de reconnaitre les opportunités et de composer avec les incertitudes, les erreurs et les échecs. L’entrepreneuriat est une attitude. La volonté de créer est l’une des aptitudes essentielles.

Qu’est-ce qui caractérise cette attitude?

L’esprit d’entreprise est ce que les personnes devraient apporter de leur propre chef. Il s’agit de prendre des initiatives et d’assumer la responsabilité de ses propres idées. Je collabore avec des startups depuis près de 15 ans. Les entrepreneurs et entrepreneuses ont envie de bousculer les évènements, provoquer des actions porteuses de sens. Orienté-e-s solutions, ils et elles veulent façonner leur environnement et agissent aussi selon une approche pragmatique. C’est ce type de personnes qui me motivent, indépendamment de leur idée. Leur attitude, avec leur aspiration de changer le monde à grande ou à petite échelle, est incroyablement inspirante et me procure de l’énergie.

La BFH est étroitement liée à l’économie et aux entreprises. En quoi est-ce important?

L’innovation surgit à la croisée de la théorie et de la pratique. Dans la pratique, la BFH-TI travaille en étroite collaboration avec l’économie et les entreprises et, en sa qualité de haute école, transmet le bagage théorique et scientifique. Pendant leur formation, les étudiant-e-s de la BFH apprennent déjà à mettre en œuvre des projets et à concrétiser des solutions en collaboration avec des partenaires industriel-le-s. En retour, les entreprises apprécient d’avoir accès à leurs compétences scientifiques. Cela crée une valeur ajoutée pour les deux parties. Plus largement, il s’agit également de créer des emplois et des innovations. C’est la part jouée par les startups qui naissent de la BFH. Au cours des sept à huit dernières années, près de 25 projets de startup, se trouvant dans différentes phases, sont issus de la BFH-TI.

«Les futur-e-s entrepreneurs et entrepreneuses doivent être en mesure de reconnaitre les opportunités et de composer avec les incertitudes, les erreurs et les échecs»

  • Yacine Michaelis expert en entrepreneuriat

Laquelle vous rend particulièrement fier?

Je pourrais en citer beaucoup. J’aimerais relever l’une d’entre elles en particulier, car l’engagement des chercheurs et chercheuses m’impressionne. Des scientifiques de la BFH-TI ont développé le produit «Pace Locator», qui rend l’implantation de stimulateurs cardiaques plus simple et plus sûre. À son lancement, le produit ne convenait pas. Le corps médical et les hôpitaux avaient besoin d’autre chose. Lorsque cela arrive, on a trois possibilités: abandonner, essayer malgré tout de faire passer l’idée ou adapter le produit et le modèle d’affaires. Les chercheurs et chercheuses ont opté pour la dernière solution. J’ai été fasciné par la rapidité et l’énergie dont tou-te-s les participant-e-s ont fait preuve. La startup est née d’un projet de recherche de la BFH-TI et est financée par la Fondation Gebert Rüf. Nous pressentons un grand potentiel pour de tels financements à la BFH.

Que voulez-vous dire?

Un modèle se dessine: les projets d’étudiant-e-s en master qui collaborent en même temps à un projet de recherche chez nous, à la haute école spécialisée, ont de fortes chances d’obtenir un financement de la fondation. Les travaux se déploient à partir de l’orientation de la recherche: des travaux de master de ce type ont débouché sur l’obtention de huit subventions sur dix au cours des quatre dernières années.

Pouvez-vous nous mentionner d’autres offres de la BFH-TI encourageant l’esprit d’entreprise?

Les offres sont variées. «Inspire Inside», par exemple, est un programme pour les collaborateurs et collaboratrices qui leur permet de travailler sur une idée de startup dans le cadre de leur activité. Ensuite, nous organisons régulièrement des déjeuners startup destinés aux étudiant-e-s et aux collaborateurs et collaboratrices et invitons des fondateurs et fondatrices à évoquer leurs expériences. Je citerais également des modules à option, comme «Kickstart your idea» ou la «Start-up Summer School», que nous organisons avec le département Gestion. Les étudiant-e-s travaillent alors de manière intensive sur une idée pendant une semaine. À la fin, ils et elles soumettent leur projet à de véritables investisseurs et expertes. La deuxième édition a eu lieu l’été dernier. La première année a vu le développement de trois ou quatre projets sur un total de sept, en partie dans le cadre de travaux d’étudiant-e-s.

Vous vous engagez également pour la promotion de la relève et codirigez Youngpreneurs, une matière à option proposée aux gymnases et aux écoles professionnelles. Quelle est l’utilité de ce programme?

Il est important d’ancrer l’état d’esprit entrepreneurial le plus tôt possible. Cela ne doit pas nécessairement être lié au thème de la startup. Ce qui compte, c’est l’attitude et le fait que les jeunes peuvent créer quelque chose. Chez Youngpreneurs, nous leur donnons la possibilité de tester leurs idées et de prendre des responsabilités dans un environnement sûr. Les gymnasien-ne-s et les élèves des écoles professionnelles me surprennent très positivement. Si on leur donne la liberté de trouver eux-mêmes et elles-mêmes des solutions et qu’on leur laisse une certaine marge de manœuvre, ils et elles se dépassent. Nous avons commencé ce programme il y a huit ans. Il y a un an et demi, nous avons demandé aux gymnasien-ne-s et aux élèves des écoles professionnelles de la première génération leur opinion sur cette option. Ils et elles nous ont livré beaucoup de grands récits. Le programme a aidé de nombreuses personnes dans leurs études ou dans leur recherche d’emploi. Personnellement, j’aurais aimé bénéficier de ce type d’apports. C’est pourquoi je suis très heureux de pouvoir transmettre aujourd’hui mes connaissances.

Collaboration avec Youngpreneurs

La BFH-TI collabore avec des Youngpreneurs depuis l’automne 2025. Elle met en œuvre le programme de promotion de la relève pour les futur-e-s entrepreneurs et entrepreneuses, que plusieurs écoles proposent en option. La BFH-TI mise beaucoup sur cette collaboration. Elle met en contact des jeunes engagé-e-s avec des formations techniques, ce que la BFH considère comme un moteur de l’innovation.

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