Intégration de la production agricole et de la promotion de la biodiversité dans les paysages agricoles

Comment les stratégies d’utilisation des terres peuvent-elles tenir compte à la fois de la production alimentaire et de la diversité biologique? Le présent projet de recherche a étudié les interactions entre paysage, agriculture et biodiversité.

Fiche signalétique

L’agriculture dépend d’écosystèmes sains et diversifiés, garants de prestations environnementales essentielles comme la fertilité des sols, la lutte contre les ravageurs et la pollinisation. Le changement d’affectation des terres (plus de surfaces) et l’intensification (rendements plus élevés par surface) ont permis une augmentation constante de la production agricole ces dernières décennies, mais avec des conséquences négatives sur l’écosystème. L’un des plus grands défis de l’agriculture moderne consiste à garantir la production alimentaire tout en minimisant les impacts négatifs sur l’environnement et la biodiversité. Le projet de recherche «Intégration de la production agricole et de la promotion de la biodiversité dans les régions agricoles» a étudié les interactions entre paysage, agriculture et biodiversité. Son objectif est de décrire comment les stratégies d’utilisation des terres peuvent tenir compte à la fois de la production alimentaire et de la biodiversité.

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Sous-projets

L’essentiel en bref sur les trois sous-projets Utilisation des terres (1), Surfaces de promotion de la biodiversité (2) et Productivité (3):

Il a été maintes fois prouvé que l’intensification de l’utilisation des terres a un impact sur la biodiversité. En revanche, on en sait peu sur la réaction à grande échelle des espèces à la structure des paysages et leur exploitation. Ce sous-projet consistait à montrer comment les interactions entre différentes surfaces agricoles et habitats influencent la biodiversité dans des carrés de 1km x 1km. Les résultats ont montré que, pour préserver la biodiversité, un paysage rural doit contenir au moins 20% d’habitats semi-naturels (forêts, haies, plans ou cours d’eau).

Ce deuxième sous-projet a examiné en détail les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB, anciennement surfaces de compensation écologique), dont l’efficacité est régulièrement mise en question. À l’échelle du paysage, il s’est avéré que l’ensemble des mesures SPB mises en œuvre par les agriculteurs dans leurs champs ont un réel effet positif sur les oiseaux nicheurs et les papillons diurnes. Les caractéristiques principales retenues ont été la part des SPB dans le paysage et leur qualité. Les SPB de qualité sont d’une grande importance pour les espèces d’oiseaux agricoles et OEA (objectifs environnementaux pour l’agriculture). Les recherches ont révélé que ce type de SPB est encore rare sur le Plateau et devrait faire l’objet de mesures d’encouragement spécifiques.

Les deux premiers sous-projets portaient principalement sur l’utilisation des terres et leur exploitation, sans aborder la productivité agricole. A l’échelle du paysage, la productivité (mesurée en termes de biomasse et calories produites) est fortement influencée par les différentes cultures. Les paysages avec des surfaces herbacées intensives ont eu une production de biomasse plus importante alors que les paysages avec une grande proportion de betteraves à sucre, de patates ou de légumes ont eu de grands rendements en calories. Aucune relation générale entre production et biodiversité n'a été trouvée. Ce qui veut dire que la production agroalimentaire n'est pas incompatible avec un paysage riche en biodiversité. Ces conclusions sont valables pour le plateau où une mosaïque de parcelles relativement petites, de cultures différentes et de surfaces semi-naturelles est présente.

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